Mardi 19 février 2008 2 19 /02 /Fév /2008 18:45

 

MAIS QUE FAIRE DU PASSE ?

Une jeune femme, devenue écrivain public  " pour changer de vie ", détient à son insu la preuve d’un double meurtre.

Croyant être mêlée à l’enquête par hasard, elle ne voit pas le danger qui la guette.

Et profite innocemment de sa rencontre avec un charmant enquêteur. Lorsqu’elle découvre, hélas en même temps que les tueurs, l’importance de son rôle, une course contre la montre s’engage pour faire éclater la vérité.

                                         

L’incertitude s’imposait à lui, rien n’arrivait à le rassurer, pas même l’humeur bonasse et la courtoisie de façade d’un voisin qui l’avait salué sous le porche d’entrée …

Ses pensées étaient plus sombres que les nuées qui s’amoncelaient dans le ciel.

L’orage qui menaçait légitimait sa fuite aux yeux des passants qui courraient eux aussi, à la recherche d’un abri ou tout simplement rentraient chez eux. Ce qu’il craignait était bien plus dangereux qu’un orage. Il ne pouvait pas rentrer chez lui. " Ils " devaient l’y attendre …

Arrivé sur le quai, il se retourna l’air de rien, se demandant si le pas précipité de l’homme qui le suivait était seulement dû à l’arrivée du train en station.

L’homme attendit sagement que les voyageurs aient quitté la voiture, puis il monta et s’installa sur le seul siège libre avec un sourire béat.

Il scrutait la foule l’œil hagard. Et s’Ils étaient là, parmi tous ces gens ? ! L’angoisse qui l’avait cloué dans l’entrée de son immeuble quelques minutes plus tôt lui intimait maintenant l’ordre de fuir. Fuir vers nulle part, juste pour sauver sa peau.

Il décida de semer ses éventuels poursuivants en allant au hasard dans le métro. Cela lui donnerait le temps de réfléchir.

Il se retrouva, sans trop savoir comment dans l’immense salle d’échange d’Auber.

Il y avait un café là, entre métro et RER. Il se laissa tomber sur la petite chaise bistrot et s’affala sur le guéridon. La sueur perlait à son front. Il n’avait même pas chaud.

La main qui se posa sur son épaule le fit sursauter. Il était terrifié.

- " Vous désirez quelque chose ? " demanda le garçon en reculant d’un pas, surpris par la réaction de son client.

- " Oui, euh, un café, je vous prie. " balbutia-t-il sur un ton d’excuse.

Le garçon s’éloigna en hochant la tête :  "  ah, ces parisiens …. "

Il tenta de rassembler ses idées. Il lui fallait imaginer très vite une solution pour se tirer de ce pétrin

L’inspiration tardait à venir. Il ne pouvait pas rester là éternellement. La foule qui grossissait à mesure que les minutes le rapprochaient de l’heure de pointe, le rassurait. Au moins parmi toutes ces personnes Ils ne tenteraient rien. En même temps, le côté anonyme de cette population souterraine ajoutait à son anxiété : Qui parmi eux était le meurtrier ? L’avait-il suivi ? Le reconnaîtrait-on ? que faire ? !

Il avala son café et lâcha une pièce de dix francs sur la table. Elle tinta à peine dans le brouhaha des conversations.

Des éclats de voix l’attirèrent vers les appareils de contrôle. Il n’avait pourtant aucune chance d’y trouver de l’aide.

Il se laissa porter par le flot des banlieusards pressés jusqu’au quai. Il y avait trop de monde maintenant. Il n’avait plus confiance.

 Une idée lui traversa l’esprit. Oui, il connaissait quelqu’un qui pourrait l’aider !

Il rejoignit SAINT LAZARE et s’embarqua en direction de L’UNIVERSITE …

C’est arrivé à CARREFOUR-PLEYEL qu’il le remarqua. Il en était sûr, ce type était à la clinique ce matin quand il avait appris le " suicide "de GERFAUT. Il l’avait vu aussi sur le trottoir devant chez lui ! L’affolement l’envahit.

L’homme semblait regarder au dehors, distrait. Mais il jetait de temps en temps un coup d’œil discret vers lui. PORTE DE PARIS, BASILIQUE, l’homme ne descendait pas. Il n’aurait pas le courage d’attendre le terminus . La panique le fit sauter hors du train à peine la porte ouverte.

Il courut sans se retourner , espérant se fondre dans la chaîne humaine qui montait l’escalier.

Au dehors l’orage avait éclaté. Il eut l’impression que le ciel lui tombait sur la tête. De lourdes gouttes martelaient son crâne et venaient terminer leur chute dans son cou. Dans l’agitation il s’était trompé de direction. Il tournait le dos à l’Université et se dirigeait droit vers la gare.

      Jamais je n’aurais imaginé, lorsque je décidais de changer de vie, que cela la bouleverserait autant. J’avais ouvert cette officine d’écrivain public depuis moins d’un an quand je basculais dans un monde qui avait toujours relevé pour moi du fantasme, celui-là même qui noircissait les pages de mes romans policiers, sans cesse réécrits et jamais édités.

Je pensais rester à jamais ordinaire, seule dans ma boutique, pianotant sur mon ordinateur une lettre larmoyante destinée à une administration incrédule, à plaider la cause d’un de mes clients illettrés. La plupart d’entre eux n’avait en effet pas les moyens de naviguer dans les arcanes de cette société turbulente qui est la nôtre.

Mon lot quotidien était fait de ces lettres administratives, relances, dossiers de candidatures et autres C.V. qui nous étouffent. J’avais réussi, avec très peu de matériel au début, à me constituer une petite clientèle d’habitués, que j’allais même visiter à l’occasion, à l’instar d’un médecin venu les guérir de leurs mots …

La pluie d’automne tambourinait la vitrine, la drapant d’un bruyant rideau de perles translucides. On voyait à peine au travers. Je ne distinguais même plus la rue. Je devinais les voitures, ombres fantomatiques sur une vague routinière, affrontant les " grandes marées d’équinoxe " à plus de trois cents kilomètres des côtes, traversant en ronronnant leurs assauts diluviens.

Qu’est-ce qui put bien lui donner l’idée d’entrer là ? ! Le côté intimiste et discret de cette devanture, sans doute, coincée entre une agence bancaire à guichets automatique et une " Foire à tout pas cher " aux allures de bric-à-brac, barricadée sous des bâches en plastique.

J’ai tout de suite su, quand il est entré, que les ennuis n’allaient pas tarder …

D’emblée je me suis fait la réflexion : il ressemblait à ce charmant monsieur qui m’avait séduite dix-neuf ans plus tôt, me laissant un adorable souvenir prénommé Camille.

Une allure distinguée, des yeux d’opale irisés de pépites d’argent, surmontant un sourire qu’il devrait être interdit de porter en public sans encourir de poursuites.

 

" Un de ces types qui fait pas vrai ! " aurait dit Camille experte en la matière. De ceux que l’on ne voit qu’au cinéma ou dans les pages des magazines people, sur les photos volées à la vie de jolies princesses. Ceux qui ornent les bras des Top-Models, agrémentent leurs bords de piscine. Bref, un mec qui n’avait rien à faire dans ma banlieue triste.

Cette présence incongrue me troublait à l’évidence et il semblait s’en amuser. Ses cheveux noirs plaqués sur des tempes enneigées et ruisselantes, son regard triste presque angoissé, lui donnaient un petit air vulnérable que je savais être dangereux pour moi. Je le sentais fébrile, envahi par un indéfinissable malaise.

-" Puis-je entrer ? "

Cette voix … Il n’y a pas que le sourire qu’on aurait dû interdire !

L’émotion m’avait clouée. Bouche-bée, je le regardais s’asseoir face à moi.

-" Tous travaux d’écriture. C’est ce que dit votre enseigne, n’est-ce pas ? Vous pouvez vraiment réaliser tous les types de lettre ? … même les lettres d’amour … "

C’était quoi là ? Une blague ? " Surprise sur prise " ? ! Il me draguait ou il me posait vraiment la question ?Je rassemblais difficilement le peu de lucidité que m’avait laissé cette basse attaque et répondis un peu sur la défensive :

-"  Tous travaux d’écriture, c’est ce que dit l’enseigne en effet. Et je suis capable d’écrire n’importe quel courrier, même très personnel … dans certaines limites, cela va de soi. "

-" Oh ne vous méprenez pas, " s’empressa-t-il de me rassurer, " je n’ai pas l’intention d’être inconvenant. C’est juste voyez-vous que je ne suis pas très doué pour parler sentiments et je me suis dit … en vous voyant, que peut-être, vous … "

Il se lança dans un irrésistible plaidoyer en faveur des hommes d’affaires, trop occupés, élevés à la dure, qui n’ont pas le temps, pas de vocabulaire hormis les courbes statistiques et les bilans, et qui n’ont pour tous rapports humains que les revendications d’employés inconscients des enjeux économiques dont ils sont les principaux acteurs.

Le ton pompeux et presque " joué " sur lequel il distillait ce fallacieux discours commençait à me le rendre nettement moins sympathique.

Je voulus croire néanmoins en sa sincérité, mais lui trouvais désormais trop de points communs avec le père de Camille pour lui accorder la moindre séduction. Je me sentais tout à coup désolée pour sa dulcinée (épouse ou maîtresse ?), à qui il n’était même pas capable de parler. Au moins lui faisait-il de l’effet, c’est ce que j’espérais pour elle.

Et quelle sorte de lettre désirait-il ce brave homme ? Déclaration, rupture, demande en mariage ? !

Le cynisme que je lui prêtais s’évanouit pourtant en une seule phrase :

-"  J’ai tellement peur de ne jamais la revoir … " dit-il avec tant de tristesse, " et les mots sont si dérisoires. Je n’ai pas de talent. Je voudrais pourtant qu’elle ait un souvenir de moi. Qu’elle sache combien je l’aime. "

Et le voilà parti à me raconter une sordide histoire de maladie incurable et terriblement transmissible qu’il ne voulait pas qu’elle contracte … cette lettre était bel et bien une lettre d’amour mais aussi et surtout la plus difficile lettre d’adieu que j’aurais jamais à écrire.

                                                                                X

Le matin suivant une effervescence anormale m’attira vers le canal. Je me dirigeais vers l’Ile de toute façon. J’allais visiter un de mes clients, croulant sous un monceau de mises en demeures, qui n’osait pas sortir de chez lui de peur de ne plus rien y trouver en rentrant.

Il n’avait décidément rien à craindre ce jour-là. Les embouteillages seraient son meilleur rempart.

La police avait détourné la circulation et procédait à des relevés divers. Les inspecteurs étaient penchés sur le corps et échangeaient leurs impressions.

                                                                              X

Le flic s’agenouilla. Il s’approcha si près du visage de la victime que l’on eut cru qu’il chercherait à le ranimer. Il observa avec minutie le moindre trait, la plus petite marque.

- " Tu le connais toi ? " demanda-t-il à son collègue sans se retourner.

- " Inconnu au bataillon. " répondit l’autre, plus jeune, en mâchonnant le bout de son stylo.

" Trop distingué, pas le genre de la maison. "

-"  Ne te fies jamais aux apparences, garçon … Peut-être qu’elles parleront. " ajouta le " chef " en soulevant la main gauche du cadavre.

-" Noyé ? " s’enquit l’adjoint.

-" Je ne crois pas, mais il faudra attendre les conclusions du légiste. On verra … "

Il reposa délicatement la main et entreprit une fouille méticuleuse du corps.

-"Pas de portefeuille, pas de papiers d’identité … "

-" Il ne s’est pas balancé tout seul … "

-"  Mouais … j’ai du mal à pencher pour le suicide. On l’aura dépouillé avant de le jeter à l’eau. "

Elle n’avait pas résisté à la tentation. Elle n’aurait pas passé le pont de toute façon. Elle avait laissé sa voiture un peu plus bas dans la rue. Elle se fraya un chemin jusqu’à la station du tramway. Lui seul semblait encore avoir le droit de rouler. Les badauds se pressaient à la balustrade. Du pont, la vue n’était pas très bonne. Elle descendit jusque derrière les barrières où deux uniformes faisaient la police. Ils se croisaient juste devant elle en vociférant qu’il fallait reculer, qu’il n’y avait rien à voir … 

C’est à cet instant que l’inspecteur leva les yeux pour les encourager :

-"  Virez moi tout ça … on va le bouger ! "

Son regard croisa celui de la jeune femme à la mine déconfite. Il remarqua immédiatement son malaise. Elle connaissait la victime !

Il brandit un doigt accusateur dans sa direction : - " Cette fille, là ! Amenez-la moi ! "

                                                                                X

Sur le moment je n’ai pas cru qu’il parlait de moi. Je regardais à gauche, à droite dans l’espoir d’apercevoir la jeune fille. En fait de demoiselle c’était moi que l’on invitait cordialement à rejoindre le théâtre des opérations. Je n’en revenais pas de l’aubaine, moi qui ne perdais pas une occasion de me documenter sur les méthodes d’investigation policières.

Je ne pensais pas avoir été si visiblement touchée d’avoir reconnu mon homme d’affaires de la veille.

Il n’y a pas à dire " Flic, c’est un métier ! "

 

                                                                                  X

 

Elle fut conduite jusqu’à l’officier avec attention. Le gardien la trouvait vraiment pâle :

-"  Vous vous sentez bien ? "

-" Oui, oui, ça va … " répondit-elle dans un état second.

-"  Elle a l’air secoué " remarqua l’adjoint.

La conversation qui s’engagea entre le policier et la jeune femme devait apporter plus de questions que de réponses. En effet, elle avait rencontré l’inconnu la veille. Il avait prétendu s’appeler Pierre Leroy et lui avait payé ses services en liquide.

-"  Avez-vous conservé une copie de cette lettre ? " demanda-t-il, prisonnier de son regard bleu glacier.

 

                                                                            X

 

 

En deux temps trois mouvements nous fûmes à mon bureau pour consulter la disquette COURRIER PERSONNEL que j’effaçais régulièrement. Je ne conservais ce genre de missives que quelques semaines. On n’archive pas le vie privée des gens.

-" Une chance que vous les gardiez un peu tout de même. " souffla-t-il en parcourant d’un œil dubitatif mon travail. " Joli, très joli … Il ne vous aurait pas donné l’adresse de sa chère Anne par hasard … ". Il ponctua sa question d’une moue significative. Il ne se faisait aucune illusion sur ma réponse.

La règle de la discrétion avait beau s’appliquer à mon nouveau métier, je n’eus pas le courage d’invoquer le secret professionnel. Néanmoins je ne pus lui être utile car mon client était resté muet à ce propos. Cette Chère Anne n’était malheureusement pour moi qu’un exercice de style.

- " Il était censé recopier le texte et l’envoyer lui-même. " murmurais-je à son oreille toute proche de ma bouche.

 

Son souffle coulait le long de ma nuque avec douceur. J’adorais ce parfum de tentation qu’il exhalait.

Avais-je tellement envie de changer de vie pour me laisser ainsi troubler par le premier Bel Hidalgo qui passait ma porte ?  Avais-je si faim ? ! Me sentais-je si seule ?

J’aperçus son sourire au coin de l’écran. Avait-il lu dans mes pensées ?

Je me redressais, un peu gênée, frôlant son visage. Il s’éloigna sans se presser. L’instant était magique.

Etait-ce le retour du soleil après quinze jours de pluie ? La douceur revenue ? Mon cœur s’emballa et le rouge me monta aux joues.

-"  Puis-je avoir un exemplaire, s’il vous plaît ? Vous faire écrire cette lettre est la dernière chose qu’il a faite avant de mourir … c’est sûrement important. "

J’en convenais. Mais le mystère s’épaississait car, à moins d’un message codé, je ne voyais rien dans tout cela de très encourageant pour l’enquête.

                                                                            X

 

Rien ne les y obligeait mais ils passèrent la journée ensemble. Il l’invita à déjeuner dans un chinois de la Porte de Paris. Il l’interrogea bien au delà des limites de son enquête.

Il aurait voulu tout savoir d’Elle…

Elle était vive, intelligente et belle … de cette beauté faite de simplicité et de tempérament.

Elle recelait des secrets qui le fascinaient…

Elle avait lâché une vie " bien rangée " de mère de famille, conductrice de métro, pour s’adonner entièrement à sa passion : l’Ecriture. Elle tentait d’en vivre depuis un an et " cela n’est pas rose tous les jours " souligna-t-elle avec un sourire adolescent Difficile de lui donner un âge. Elle possédait ce charme exaspérant des minettes de dix-sept ans, mélangé à une maturité quasi-quadragénaire. Ses neurones de flic avaient beau s’agiter, il ne percerait pas immédiatement l’énigme. Cette femme lui lançait un défi sans le savoir. A mesure que les minutes passaient elle devenait plus qu’un simple témoin … Elle se livrait avec art … Parcimonieusement elle distillait des épisodes de sa vie déterminants, l’invitant dans son intimité avec juste ce qu’il faut de pudeur. Sa passion dominait la conversation. Les mots, leur force, leur caractère. Si elle était aussi douée pour le sentiment que pour la plume, il aimerait bien tester ses compétences …

Le charme avait agit dans les deux sens. Elle était subjuguée. L’étincelle qu’avait produite sa rencontre de la veille venait de s’enflammer au contact de ce personnage sulfureux, qui ressemblait tant à celui qu’elle aimait à faire évoluer au long de ses " rivières noires ".

Elle n’était pas roman fleuve, elle préférait la nouvelle, plus directe. Elle aimait aller droit au but. Elle posa autant de questions que lui et fut certainement plus renseignée à son sujet que lui à la fin du repas. –"  Vous feriez un bon flic " ironisa-t-il quand il s’aperçut qu’elle était en train de " le mettre à poil ".

-" Ce n’est vraiment pas mon genre de parler de moi. " souffla-t-il déconcerté.

-" Ah bon ? Moi je fais ça tout le temps … juste ce qu’il faut … ça met en confiance. "

C’était décidément une drôle de fille.

Leur joute orale dura jusque tard dans l’après-midi. Ils firent la fermeture du restaurant et marchèrent un long moment dans les rues inondées de soleil. Elle n’habitait pas très loin, un studio confortable, à deux pas de la boutique. Elle lui offrit de venir boire un café. Il l’embrasa de plaisir …Ils ne parvinrent pas à se quitter avant le lendemain matin.

Dînant de caresses, rêvant éveillés …

                                                                          X

 

J’eus beaucoup de mal à lui rendre son corps.

-"  Vraiment, il faut que j’y aille … " soupira-t-il en s’extirpant du canapé-lit.

-"  Un petit café ? " lui susurrais-je en le retenant. Il avait un dos magnifique. De larges épaules prolongées par de longs bras, fins et musclés.

-"  Hum, hum, la dernière fois que tu me l’as proposé, ça nous a entraînés un peu loin, tu ne trouves pas ? "

-"  Au point où on en est … "

Je déposais un baiser délicat entre ses omoplates d’athlète et je le laissais m’échapper. Il prit une douche, but son café l’œil rivé à la pendule du coin-cuisine.

-"  Neuf heures … J’aurais les résultats du légiste … Je t’appelle. Sois prudente. " dit-il un pied sur le palier.

Je lui concédais un sourire déçu … - "  A bientôt ? "

-"  Tu peux y compter ! " assura-t-il, la tête pleine d’images sensuelles.

                                                                            X

 Son adjoint l’accueillit, l’air grivois : - "  Alors ? … "

-"  Lâche-moi. " rétorqua-t-il d’un ton désabusé.

-"  Oh, oh, c’est du sérieux, le patron a des états d’âme … "

-"  Ouais, ben en parlant d’âme … Tu as des nouvelles de Landru ? "

C’est sous ce charmant sobriquet qu’opérait le médecin légiste du département.

-"  Tu avais raison, il était mort avant de plonger … On lui a éclaté la rate, le foie et tu veux d’autres détails pour ton petit-déj ? Au fait, t’aurais pu rapporter des croissants ! "

Il renversa sa chaise contre le mur.

-" Passé à tabac … " conclut-il en parcourant lui même la suite du rapport.

-" Vigoureusement interrogé. " insista le jeune Benoît en posant les pieds sur le bureau.

-" Qu’est-ce qu’ils cherchaient ? " réfléchit-il.

 -"  Inspecteur Principal Lemarchand, je peux vous parler ? "

Benoît se redressa en entendant la voix du commissaire. Frédéric sourit narquoisement.

-" Repos ! " lança-t-il en passant la porte.

Le Pacha avait des informations d’importance : la victime venait d’être identifiée, grâce à ses empreintes. Il avait été fiché en soixante-huit, pendant les événements. Il s’agissait d’un éminent médecin qui pratiquait à Neuilly. Inutile de préciser qu’il allait falloir se bouger les fesses.

Qu’est-ce qui lui avait pris d’être venu se faire tuer à Saint Denis ? ! Et pourquoi avoir raconté qu’il était " dans les affaires " ? Quel rapport avec la lettre ? Ca allait être coton !

Benoît fit irruption dans le bureau.

-"  Fred, c’est l’écrivain. Elle est au téléphone … On a saccagé son cabinet. Elle est au bord de la crise de nerfs. "

 

                                                                             X

 

-"  Tu n’as rien ? " s’enquit-il avec empressement. Sa gentillesse m’alla droit au cœur.

-"  Non, non, tout va bien … ". J’allais le rassurer par un langoureux câlin, mais son collègue le suivait d’un peu trop près.

-"  Salut ! Eh ben … " soupira-t-il en tournant sur lui même.

Du milieu de la pièce en effet, le désastre était très évocateur. Des disquettes jonchaient le sol, les chaises étaient renversées, l’ordinateur rageusement débranché. Quelques papiers épars donnaient à l’ensemble une allure de naufrage.

-"  Cela a dû se passer cette nuit. " soufflais-je en pensant au rangement.

-"  ILS ont forcé le rideau de fer. " renchérit le jeune homme, après vérification.

Frédéric releva une chaise et m’invita à m’asseoir.

-"  La lettre, tu crois ? " demandais-je sûre de la réponse.

-"  Probable, mais comment ont-ils pu savoir ?… Il y a un logo sur tes feuilles ? "

-"  Non rien. Pas dans ce genre de cas … "

-"  Mouais, et puis il a très bien pu l’envoyer avant d’être agressé. Il avait ton adresse sur lui ? "

-" Non pourquoi ? ! "

- " Je ne sais pas … Tu aurais pu lui donner ta carte. " dit-il avec un sourire mutin.

Ma mine offusquée l’avait amusé. La situation n’en n’était pas moins très sérieuse, voire préoccupante.

-"  Le fait est qu’ils sont venus … et si c’est pour la lettre, ils l’ont eue. Tu avais laissé la disquette ici, je présume.

-" Et bien oui. Je ne pensais pas avoir besoin de la prendre… ". Ce disant, je posais mon portable sur mes genoux et vérifiais instinctivement les disquettes glissées dans la pochette. J’avais pris un panel de programmes pour ma visite manquée de la veille. Cependant, je ne me rappelais pas avoir emporté celle que j’avais entre les doigts. Intriguée, je la sortais du lot.

-" C’est bizarre … "

-"  Quoi ? "

-"  On dirait que celle-là ne m’appartient pas. "

-"  Tiens, tiens … "

 

                                                                                     X

Martine avait fait place nette sur le bureau et retranché le P.C. Le médecin assassiné avait dû glisser subrepticement la disquette dans le sac de la jeune femme, alors qu’il l’occupait à l’écriture d’une lettre, qui selon toute vraisemblance, n’était qu’un alibi. C’est donc qu’il voulait s’en débarrasser, la mettre à l’abri. C’est cela en fait, que les tueurs recherchaient …

Elle tenta en vain d’ouvrir le fichier.

-"  La bécane est peut-être secouée. " suggéra Benoît.

-"  Non, non ça fonctionne … " répondit-elle toute à sa concentration. " Rien à faire, je n’ai pas le bon logiciel. "

-"  Il faut pourtant savoir ce qu’elle a dans le ventre ! Un homme est mort pour ça ! " ragea Lemarchand.

-"  Je sais qui pourra nous aider " le rassura-t-elle.

-"  Vas-y appelle-le. ". Il lui tendit le téléphone.

-"  Impossible. " sourit-elle.

-"  Pourquoi ? " s’étonna le flic un peu excédé.

-"  Parcequ’il est sourd. " répondit-elle ironiquement.

Le P.C entonna une petite musique tandis qu’elle pianotait, après avoir tranquillement installé un C.D ROM.

-"  Qu’est-ce que tu fais ? "

-"  Il est sourd mais il sait lire … Il est souvent sur le NET.

                                                                           X

J’avais réussi à joindre David sur Internet. Il nous attendait chez lui. Passé maître dans l’art informatique, j’espérais qu’il trouverait le sésame de ce mystérieux fichier. Il habitait " La Goutte d’OR " et Frédéric s’étonna que j’ai des connaissances dans le quartier.

-"  Pourquoi ? Moi je l’aime bien ce quartier. Il est plein de saveurs et de parfums exotiques. Il est très inspirateur … "

-"  Vraiment ? ". Il conduisait nerveusement. " Pas franchement le temps de penser à la bagatelle. " devait-il penser. Et mes états d’âmes n’aurait pu que l’exaspérer. Le sourcil anxieux, il ne quittait pas le rétroviseur des yeux.

                                                                             X

 

Il avait largué son coéquipier pour la suivre à Paris. Il débordait une fois de plus de son terrain. Mais après le " dérapage " de la nuit passée, il n’était plus à une incartade près.

Elle pouvait l’aider, c’était l’évidence. Cette disquette était la clé de l’affaire.

-"  Quel con ! " hurla-t-il en pilant en plein carrefour.

Elle s’accrocha à la portière sans rien dire. Mais elle ajusta sa ceinture de sécurité.

Il semblait très inquiet. Il avait repassé la première brutalement et s’était engagé à contresens dans un couloir de bus.

" C’est bien ma chance … " pensa-t-elle, " je suis tombée sur un malade ".

-"  Ils sont derrière. " souffla-t-il.

Elle tenta de regarder par dessus son épaule mais il roulait trop vite et tournait à chaque coin de rue.

-"  Ils sont gonflés tout de même de filer un flic. " s’étonna-t-elle.

-"  Alors là tu vois, je ne voudrais pas te faire flipper mais je ne crois pas qu’il s’agisse encore d’une filature … là, ça serait plutôt du genre poursuite. "

Les deux véhicules roulaient à vive allure dans des rues de plus en plus étroites.

-" Tu connais bien Saint-Ouen ? " s’enquit-il dans un demi souffle, " il faut absolument les semer. "

-"  Tu penses qu’ils sont vraiment dangereux ? "

-"  Penses-tu ! Ils veulent juste nous payer un café ! "

La voiture fit une embardée. Ils les avaient poussés sur le trottoir.

- "  Les fumiers, ils veulent notre peau ! "

Elle serra la poignée de la porte si fort que ses ongles s’enfoncèrent dans le cuir.

                                                                      X

  

Cette fois-ci j’y étais ! Et jusqu’au cou !  

Si j’avais déjà vécu dangereusement par le passé, jamais je crois je n’avais éprouvé une telle sensation. Je me faisais l’effet d’une gamine qui a toujours voulu monter dans les Montagnes Russes et qui, une fois la tête en bas à vingt mètres du sol, prie pour redescendre en un seul morceau.Bon Dieu, ce que j’aurais voulu être ailleurs !

Fred agissait en véritable professionnel mais le sang-froid qu’il affichait ne masquait en rien la gravité de la situation : Ils étaient prêts à nous tuer pour récupérer ce document.

-"  Quel con, mais quel con ! " répéta-t-il, "  Ils nous ont suivi dès le début. J’aurais dû percuter ce matin ! Dire que c’est moi qui les ai mis sur ta piste …ah ils ont dû bien rigoler ! "

Ce n’était pas le moment de paniquer mais mon estomac avait atteint son degré d’acidité maximal. Une main invisible l’avait empoigné et le malaxait dans tous les sens.

-"  T’inquiètes pas ma puce, on va s’en tirer. "

Il se voulait rassurant mais son angoisse était palpable.

-"  Si au moins j’avais pris la voiture de service, on aurait pu demander du secours. "

-"  A l’heure du portable, tout de même, on n’a pas idée … " tentais-je avec un brin d’humour.

-"  T’as qu’à utiliser le tien. " répondit-il du tac-au-tac.

-"  Touché. Il est en charge à la maison. "

L’atmosphère était moins lourde. Le rétroviseur était soudain vide. La rue aussi, d’ailleurs. J’étais étonnée, à onze heures passées … si près de la Mairie.

-"  Regarde … " Son visage s’était éclairci. Il pointait le doigt en direction d’une enseigne, tout à coup bien sympathique : " POLICE ".

-"  Je savais bien qu’il n’était pas loin. On a toujours besoin d’un petit commissariat de quartier … " sifflota-t-il avec satisfaction, "  ça rend toujours service … "

Nous nous arrêtâmes devant une grande porte grise.

-" Ca va ? " Il tourna vers moi son minois fatigué. Le stress se lisait encore au fond de ses yeux.

-"  C’est fini ? " Je n’osais pas me retourner de peur d’apercevoir la BM qui nous avait pris en chasse.

-"  Ils n’oseront pas venir jusqu’ici. Du moins je l’espère …Viens. "

Il m’entraîna à l’intérieur. Il m’impressionnait vivement. Il se présenta, comme si de rien n’était et empoigna le premier téléphone venu.

 

                                                                          X

Ils avaient échappé de justesse à de dangereux criminels. Il n’était pas décidé à prendre d’avantage de risques. Il décréta qu’il ne mettrait pas en danger l’ami de Martine.

Il obtint de ses supérieurs l’autorisation de se rendre à la clinique. Si on voulait lire la disquette, il n’y avait que là où chez le toubib qu’on pourrait le faire.

 

                                                                          X

 

Je me demandais comment mon assureur allait le prendre. Ils avaient maquillé ma voiture ‘façon CESAR’ et la direction en avait pris un sacré coup !

-"  Ne te fais pas de mouron, l’administration va t’arranger ça. "

Là, j’eus comme un doute …

Décidément il m’épatait ce gars-là ! Il était parvenu à se faire prêter un véhicule et nous roulions tranquillement sur les quais, vers la banlieue ouest.

Nous tomberions juste dans l’heure du déjeuner.

- "  Idéal pour fouiner " souligna-t-il.

 

                                                                            X

 

L’infirmière blêmit à l’annonce du décès de son patron.

-"  Mon Dieu, comment est-ce possible ? "

Elle se retint au comptoir. On serait bouleversé à moins …Elle finit par s’asseoir en écoutant les brèves et néanmoins incroyables explications du policier qui lui demanda de lui indiquer le bureau, où l’on pourrait enfin résoudre le mystère. Elle le renseigna et décrocha le téléphone comme une automate.

Cette fois, Martine n’eut aucun mal à ouvrir le fichier grâce au mot de passe révélé par la secrétaire. Il se tenait derrière elle, appuyé sur la chaise.

-" Des dossiers médicaux … " souffla-t-elle dubitative.

-"  Il va falloir les éplucher. La solution est là ! "

Ils passèrent quelques minutes à faire défiler le sommaire. L’intuition étant la principale qualité d’un bon enquêteur, Fred éliminait un à un les noms inconnus.

-" Tiens, il a soigné celui-là ? Fais voir … ".

Il ne retenait que les malades qui auraient pu avoir une quelconque importance médiatique ou politique. On ne tue pas pour ‘ Monsieur Tout-le-Monde’ .

                                                                             X

 

 

-"  Bingo ! " cria-t-il . Nous en étions à la lettre G.

-"  GERFAUT " siffla-t-il, "  je parie que c’est lui. Il est mort il y a trois jours seulement.

On dit qu’il s’est suicidé, il paraît qu’il était condamné … "

-"  Et c’est tout à fait exact. " La phrase de l’homme claqua comme un coup de fouet dans le bureau à l’ambiance feutrée.

Je levais les yeux pour m’apercevoir qu’il nous tenait en joue avec un de ces gros calibres qu’on ne voit qu’au cinéma. Ma gorge se serra. Comment avait-il fait pour être là si vite ? Nous avait-il suivis depuis le commissariat ?

Fred ne se départit pas de son calme : " Vous savez ce que ça coûte de braquer un flic ? " essaya-t-il sans grande conviction.

-"  Certainement moins cher que de le descendre … " rétorqua l’individu, sûr de lui.

-"  Pour l’instant, il n’y a pas de bobo … " continua-t-il, "  Donnez moi la disquette gentiment et restons-en là. "

 

Je doutais que les choses puissent s’arranger aussi facilement. Evidement, il ne pouvait pas nous tirer dessus, ici, en pleine journée ! Mais nous étions devenus gênants, même si nous n’avions encore rien vu de vraiment compromettant. D’après le dossier, GERFAUT était réellement très malade. Il n’aurait pas vécu plus de trois mois.

Pourtant notre braqueur tentait bien de nous empêcher de découvrir quelque chose et sa détermination faisait peur à voir ! Cela devait être grave.

Je n’avais pas vraiment peur. Je sentais que Fred me protégerait. Je savais qu’il irait jusqu’à risquer sa vie.

                                                            

                                                                                                                                                                                                                                 

 

La scène se déroula comme au ralenti. Il bondit comme un chat pour tenter de désarmer le malfrat. Leur bagarre ne dura pas plus de trois minutes.

Lorsque le coup partit ils se figèrent tous les deux. Fred en profita pour assener à son adversaire une droite qui le cloua au sol.

Il se retourna pour constater qu’elle avait glissé sous le bureau, pour se protéger sans doute.

 

                                                                                 X

Je n’avais pas vraiment eu mal. J’avais juste senti comme un violent coup de poing à l’épaule, qui m’avait déséquilibrée. Je n’ai pas réalisé tout de suite.

La chaise à roulettes avait reculé d’un bon mètre en tournoyant. Et je m’étais trouvée projetée contre le mur. Je ne pensais pas qu’une simple balle puisse vous emmener si loin. Pas le temps de crier ou de me plaindre, je m’étais juste écroulée.

A peine le temps de le voir arriver et se pencher sur moi, je me réveillais dans un lit, enveloppée d’une lumière blafarde.

Je constatais sans surprise que j’étais dans une chambre de la clinique. Au moins, je n’avais pas eu loin à aller. J’ai toujours eu de la chance …

Je le trouvais, à mon réveil, avec la même expression qu’à mon évanouissement.

-"  Ca va aller … " me rassura-t-il sur un ton paternel, "  tu es hors de danger maintenant. "

 

Il posa un tendre baiser sur mes lèvres affreusement sèches et me raconta d’une voix calme tout ce qui s’était passé durant ma perte de connaissance.

Notre agresseur était un homme de main à la solde de la famille de GERFAUT.

L’industriel s’était découvert un fils naturel et avait chargé son médecin de pratiquer des tests génétiques afin de confirmer ses présomptions. Une fois celles ci avérées, il avait décidé d’en faire son héritier. Evidement, cela n’avait pas plu à tout le monde … et disons "  … que sa famille a voulu abréger ses souffrances … "

-"  … avant que ça se sache … " soufflais-je écœurée.

-"  Eh oui … " Il haussa les épaules. "  Quand le passé vous rattrape, ON a parfois du mal à faire la part des choses … En tous cas, tu ferais une excellente auxiliaire de police ! Tu m’as été très précieuse …et j’ai eu très peur. J’ai cru un instant que je t’avais perdue … et là, tu vois, je ne suis pas prêt. " Il dégagea mon front d’un geste affectueux, caressant mes cheveux comme on flatte un chaton.

-" Non, je ne suis pas prêt " sussura-t-il en approchant sa bouche de mes yeux, " je crois bien que je t’ … "

-"  Chut .. " Je posais mon index sur ses lèvres offertes et murmurais à mon tour : "  prends garde à ne pas prononcer trop vite des mots définitifs … que tu regretteras peut-être demain. "

Il recula en fronçant un sourcil déçu.

-"  Je t’appelle … " dit-il froidement en m’embrassant comme une ‘collègue’.

 

                                                                               X

Il sortit de la chambre un peu groguis. C’était décidément une drôle de fille.

Mais elle avait raison. Leur attirement réciproque ne les engagerait pas forcément. La liberté a parfois un goût amer …

La vision qui s’offrit à lui dans le couloir le glaça. Quelles seraient ses chances ? !

Ils étaient là.

Ils arrivaient d’un pas pressé par l’angoisse. C’était sûrement lui : Un mari, visiblement toujours amoureux, flanqué d’une gazelle de dix-huit ans et, surprise, de deux charmants " mineurs de moins de quinze ans " pensa-t-il.

 

-"  Madame BAILLET ? " questionna-t-il sans vraiment savoir qui était cet homme qui sortait de la chambre présumée de son épouse.

-"  C’est ici. " répondit Fred en tendant la main. " Je suis l’inspecteur Lemarchand. Elle va bien. "‘L’Autre’ lui serra la main sans le regarder, il vérifiait en même temps le numéro inscrit sur la porte.

-"  Vous êtes son ex-mari, je présume. " interrogea le flic sans le lâcher.

-"  Pas exactement, " cette fois le mari le regarda droit dans les yeux, " son mari, tout simplement. " insista-t-il,  "  Nous sommes séparés, pas divorcés. " Il semblait tenir à cette rectification.Les enfants avaient rejoint leur mère. Des soupirs de soulagements accompagnaient leurs tendres retrouvailles. Il lâcha sa main et se détourna après l’échange d’un dernier regard, lourd de sens. Il pensait à la conclusion de son rapport : "  Il est bien difficile de faire fi du passé, surtout lorsqu’il laisse, au présent, des traces aussi vivantes… "

Et le fils naturel de GERFAUT n’en n’était pas l’unique illustration.

 

FIN. 

                                                                             

                                                                              tous droits réservés Dominique Bleuet 1999



Par domibleue - Publié dans : Polar
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Dimanche 9 décembre 2007 7 09 /12 /Déc /2007 21:22

tous droits réservés Dominique Bleuet 1983-  parution :La revue indépendante n° 176-72ème année- Aout-Octobre 1983



Par domibleue
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Vendredi 16 février 2007 5 16 /02 /Fév /2007 10:07

Tous droits réservés dominique bleuet 2007         

Mémoires d’Amazone

                                                   

Quels dangers ai-je affrontés au cours de cette existence guerrière ?

La Mort ? à plusieurs reprises.

La mienne ? celle des autres ? Oui.

Ai-je sauvé des vies ? Oui.

A-t-on sauvé la mienne ? Oui.

Me suis-je mise en danger pour sauver une vie ? Oui.

Ai-je souffert dans ma chair ? Oui.

Combien de blessures, de cicatrices ? Je ne sais pas,

il faudrait compter. Il y en a, que je refoule probablement, tout au fond de mon inconscient.

Ai-je menti ? Oui.

Ai-je triché ? Oui.

Ai-je joui ? Oui.

Ai-je gagné ? Oui.

Ai-je perdu ? Aussi.

Ai-je Appris ? Oh, oui !

Puis-je encore apprendre ? Et Comment !

Ai-je enseigné ? Je crois bien que oui, et j’en suis fière.

Ai-je donné ? Oui.

Ai-je pris ? Bien sûr.

Ai-je été condamnée ?

… eh, oui.

Ai-je payé ? Oui.

Ai-je des regrets ?

… peut-être…

Ai-je eu peur ? Je ne sais pas vraiment.

Ai-je été prise de panique ? Jamais je crois,

tout juste une fois, m’étais-je résignée à l’idée que la seconde que je vivais était la dernière.

Puis, la providence a mis quelqu’un sur ma route et il m’a sauvée.

Ai-je été si bas que je n’ai pas eu l’envie de remonter ? Oui.

Mais là aussi, une main secourable m’a tirée vers la lumière …

Et la Mort, tant espérée, a dû passer son chemin.

Ai-je connu le désespoir ? Oui. Le désarroi ? Aussi.

Ai-je gardé l’Espoir ?

Toujours, en fait. En dépit des apparences à l’époque.

 

                                                                                

Ai-je Aimé ? ça oui !

Ai-je Haï ? j’ai du mal à le croire, mais peut-être bien …

Ai-je méprisé ? Oui, et je le regrette.

Ai-je jugé ? Oui, et ça aussi je le regrette.

Ai-je tué ? Oui.

Et c’est une douleur. Quelque en puisse être la justification.

Décidé ou non, l’acte d’interrompre la vie est irréversible, tant pour celui qui le commet que pour celui qui le subit.

Ai-je fait … le mal ?

Jamais de manière délibérée. Je crois. Je ne suis pas sadique.

Ai-je fait le bien ?

J’aime à le souhaiter, ce sera à l’Histoire de le dire.

Ma plus belle chance aura été de donner la Vie.

En cet enfant est né un nouveau temps pour moi.

J’ai dû laisser derrière moi les batailles, les errances.

Mes combats sont devenus moins physiques.

Et je sais où je vais, maintenant que je conduis vers son destin

un petit être fragile.

Lui apprendre à marcher m’aura rendu la force de me tenir debout.

Pour l’accompagner sur le chemin de la Paix.

Je ne remettrai jamais mon âme entre les mains d’aucun dieu.

Ni à l’heure du trépas, ni jamais.

Je n’ai jamais servi aucun Seigneur.

Je préfère l’offrir à mes semblables.

Pour continuer à les protéger par le souvenir.

De mots en traces, puisse l’expérience acquise au long des années leur épargner

les erreurs que j’ai commises.

Même si je sais la valeur des leçons apprises dans la douleur.

Je leur souhaite de construire leur vie dans la douceur d’un foyer paisible,

plutôt que dans les flammes de l’enfer guerrier.

Mais comme il faut à tout être un équilibre,

je veux qu’ils en connaissent les affres.

C’est pourquoi je leur dédie mes mémoires en espérant qu’ils en tireront l’essence de la Paix.

 

                                 Mémoires d’une Amazone.



Par domibleue - Publié dans : fables et épopées
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Mardi 30 janvier 2007 2 30 /01 /Jan /2007 10:18

Bon, la copine, elle avait rien compris ... ça fait donc quinze jours que ce fanfic est posté sur La Vie Rêvée !  sous la rubrique fanfics (bé-bête !!!)

Etant donné qu'il ne me reste qu'une quinzaine de jours pour convaincre, je ne m'attends pas à remporter la palme de ce concours ...mais je suis ravie qu'il me donne l'occasion de terminer enfin ce petit fanfic de Stargate SG-1, dont l'idée m'est venue au beau mileu de la Saison 8 quand il est devenu officiel qu'il fallait trouver un moyen de "se débarasser d'O'Neill" ...

Les connaisseurs me suivront, je l'espère ...

(je vous concocte quelques illustrations qui semblent avoir du mal à passer, ce soir ... mais que j'éditerai dès que possible... Veuillez excuser les "fôtes" ... qui ne manqueront pas d'avoir échappé à ma relecture ...)

Bonne lecture!

Avertissement : Tous droits réservés à dominique bleuet - sauf à utiliser personnages et caratères appartenant à des oeuvres existantes : ICI - Tous les lieux et personnages utilisés dans cette fiction (à l'exception de Shauna O'Neill) sont propriété de la MGM et des auteurs de la Série Stargate SG-1.

version 2

De l’appât à l’arme suprême.

O’Neill sort d’un supermarché avec ses courses dans les bras – cliché- Il pose son sac dans la voiture, se met au volant –cliché- la voiture démarre.

O’Neill fait une partie de basket avec des jeunes sur un terrain du quartier –cliché- Il manque un panier sous d’amicales huées- cliché- Il reprend la main bien vite et marque – cliché- la partie est finie. Les jeunes le congratulent. Tout le monde s’embrasse –cliché-

O’Neill pêche au bord de son étang favori –cliché- cliché- cliché-

O’Neill se défoule en VTT en pleine forêt –cliché- Il dévale une pente abrupte un peu trop vite et chute –cliché- Il se relève en regardant tout autour de lui, en se demandant visiblement s’il n’a pas l’air ridicule. –cliché-

De toute évidence quelqu’un épie le général dans ses moindres gestes.

 

 

La nuit tombe sur Colorado Springs. Le puissant 4x4 d’O’Neill arrive devant son domicile.

Il sort de la voiture, jette un regard méfiant alentours. Il s’amuse avec son trousseau,

dont le porte-clefs, à l’effigie de "l’alien de Roswell ", brille sous la lumière du réverbère.

Arrivé sur le pas de la porte, il l’examine avec soin, comme s’il voulait bien prendre le temps avant d’entrer. Alors qu’il tourne la clef dans la serrure un flash lumineux l’aveugle. Il pousse la porte qui s’entrouvre. Mais Baal apparaît juste devant lui.

A peine décontenancé, Jack l’accueille avec ironie.

J- Baal ! Juste à l’heure pour l’apéritif !

Baal sourit et s’amuse lui aussi de la situation.

B- On dirait que vous m’attendiez O’Neill.

J- Oh vous savez comment je suis … il y a toujours une bonne bière à la maison …

… pour les amis.

B- Vous espérez sans doute me retenir ici. Pour me capturer comme vous l’avez fait pour Osiris.

Siffle-t-il avec mépris. Suscitant l’intérêt de Jack qui commence à comprendre que Baal a flairé un piège.

B- Et vous pensez que vos amis sauront vous protéger contre moi. Mais vous vous trompez O’Neill. Je suis venu pour me débarrasser définitivement de vous. Vous êtes depuis trop longtemps un obstacle à mes projets sur cette planète.

Inquiet O’Neill reste stoïque et se contente de soupirer.

B- Je sais qu’ils nous observent. Et à cet instant, ils cherchent probablement à comprendre ce qui les empêche de contrôler le faisceau d’énergie qui m’a conduit ici.

O’Neill est de plus en plus intéressé. Le plan concocté par le SGC pour s’emparer de Baal est en train d’échouer et celui-ci s’en amuse. Il semble avoir envie de savourer sa victoire.

B- Vous êtes sans doute l’adversaire que j’aurais le plus de plaisir à détruire O’Neill…

dit-il en levant la main. Sa paume s’illumine et vise le front d’O’Neill.

Autour d’eux toute une équipe s’affaire. De nombreux soldats les encerclent.

B- Ils ne pourront rien pour vous O’Neill.

persifle-t-il .

Un bouclier d’énergie les sépare du contingent qui fait feu. Les balles rebondissent en tous sens. Les soldats cessent le feu. O’Neill tombe à genoux. Baal le tient à sa merci.

Le supplice de Jack se poursuit quelques minutes sous le regard impuissant de l’équipe chargé de sa protection. Tout à coup, un coup de feu retentit. Les yeux de Baal s’éclairent. Il est blessé. Surpris, il relâche son étreinte et Jack tombe à terre. Les militaires se regardent tous. Interloqués. Le projectile est venu de l’intérieur de la maison, où aucun homme n’a été posté.

Baal disparaît dans un nouveau flash de lumière. Le bouclier s’évanouit.

La porte s’ouvre doucement. Une silhouette noire se précipite sur O’Neill. Immédiatement rejointe par les soldats dans un concert de cliquetis.

Les fusils sont tous armés et pointés sur l’ombre, qui couvre tout le haut du corps de Jack.

La jeune femme, penchée sur lui, relève la tête et laisse apparaître un visage anxieux.

-Il est encore en vie. souffle-t-elle, après avoir vérifié son pouls à la carotide.

 

                                                                           X

 

Jack se réveille à l’infirmerie du SGC sous le regard attentif et soucieux du Colonel Carter.

Son réveil est progressif. Il réalise lentement où il se trouve.

J- Sam, dit-il sur un ton pâteux, on est à la maison ?

S- Vous êtes en sécurité mon général. Vous n’avez plus rien à craindre.

                    

J- Vraiment ? Alors Baal ne m’a pas envoyé en enfer comme promis ?

S- Non tout va bien, sourit-elle, on vous a ramené au SGC.

Mais Baal s’est échappé. Je ne sais pas comment il est parvenu à maîtriser aussi bien la technique de téléportation Asgard , mais il nous a bel et bien doublés sur ce coup-là.

Jack se relève péniblement.

J- Ah je le savais. Souffle-t-il en prenant sa tête dans ses mains.

Il se tourne de côté et s’assoit sur le bord du lit.

J- Je le savais que c’était une mauvaise idée … de servir d’appât … pour attraper ce gros poisson. Grimace-t-il en massant douloureusement son front brûlé.

J- Comment est-ce que vous m’avez tiré de ce pétrin, Colonel ? Interroge-t-il en rassemblant ses esprits.

Sam se mord la lèvre et hésite avant de répondre.

S- Et bien, à vrai dire, ça n’est pas nous, mon général …

J- Pas vous ?

Jack lève un sourcil interrogateur et le regrette immédiatement. Chaque expression nouvelle est une torture.

S- Je suis désolée mon général, mais nous avons commis une monumentale erreur en ne postant personne à l’intérieur de la maison.

J- Ouais, ouais … je sais. S’impatiente-t-il.

Mais s’il avait vu quelqu’un, il ne serait pas venu.

S- Pourtant, c’est bien de l’intérieur de la maison que la personne qui vous a sauvé la vie a tiré.

Sam appuie sa remarque d’un air mystérieux.

Après un silence, Jack l’interroge du regard …

J- Et ? Insiste-t-il.

C’est qui ? Cette personne ?

Sam hésite.

S- Je crois qu’il faut vraiment que vous la voyiez, mon général.

                                                                          X

 

Quelques minutes plus tard Sam et Jack avancent dans le couloir en direction d’une salle d’interrogatoire. Sam termine son rapport sur la capture ratée de Baal.

J- Vous l’avez arrêtée ? s’étonne Jack.

S- Tout de même, elle vous a espionné pendant plusieurs jours mon général. Alors même que nous vous tenions sous surveillance ! Et son histoire était tellement incroyable. Il nous fallait du temps pour la vérifier.

Sam repousse visiblement le moment d’expliquer plus en détails la situation. Jack désespère d’avoir à lui tirer les vers du nez.

J- Et ? Lance-t-il en accélérant le pas.

Sam laisse échapper un long soupir.

S- Vous allez bientôt comprendre mon général.

Ils s’arrêtent devant la salle d’interrogatoire. Elle marque une pause et ouvre la porte d’un geste solennel.

S- Voici la femme qui vous a suivi pendant des jours mon général. Sans éveiller ni nos soupçons, ni ceux de Baal …

Déclare Sam avec un brin d’admiration.

                                                        

Jack entre en plissant les yeux. Il cherche ce qu’elle peut avoir d’extraordinaire.

Elle se tient debout, au fond de la pièce. Elle le laisse avancer à mi-chemin, puis fait à son tour, quelques pas vers lui, pénétrant dans la zone la plus éclairée du local.

Elle plante un regard assuré dans celui de Jack. Ses yeux sont aussi clairs que ceux de Jack sont noirs. Ils restent ainsi une bonne minute, comme hypnotisés.

Puis ils s’examinent mutuellement, jaugeant le physique et le mental d’un même coup d’œil.

C’est elle qui brise le silence.

-Wouah, souffle-t-elle.

C’est fou comme tu lui ressembles !

J- Lui ? Qui ça lui ?

Elle retient visiblement un enthousiasme latent.

-A ton père … murmure-t-elle.

Enfin, à mon père en fait. Je veux dire à notre père.

J- Quoi ? !

-Ne me dis pas que tu as oublié ton géniteur, A.J O’Neill.

Jack se tourne vers Sam.

J- C’est quoi encore cette histoire ?

Sam – Général O’Neill … je vous présente … le Capitaine Sinead O’Neill.

Sin - Avec deux L ! souligne la jeune femme sur le ton que prend habituellement Jack quand il fait cette remarque.

Il se tourne vers elle, cueilli.

Sin – Mais appelle-moi Sean ou Shauna, comme tout le monde. Ajoute-t-elle en attrapant sa main, qu’elle serre vigoureusement.

Jack se retourne vers Sam, éberlué.

Sam - … votre sœur. Confirme-t-elle.

J- Ma sœur ?

Sin – Hey, c’est pas si dur ! Moi aussi, il a fallu que je m’habitue.

Jack reprend sa main en échange d’un sourire crispé. Se tourne une dernière fois vers Sam et cherche sur son visage, une explication.

Sam- Nous avons pratiqué tous les tests, mon général. Ils corroborent sa version. Cette femme possède à 99,9 % le même ADN que le vôtre, y compris la particularité que vous savez. Vous avez le même père. Elle est bien votre sœur.

Shauna adresse à Jack un sourire reconnaissable entre tous. L’effet miroir le gène un peu mais il ne peut en contenir un semblable qui s’affiche sur ses lèvres serrées.

Sam les regarde. Médusée.

Sam- … et vous devriez écouter son histoire, mon général. Vraiment.

Et elle se retire discrètement.

J- Vous voulez vous asseoir ? propose-t-il en désignant une des deux chaises placées de part et d’autre de la petite table. La jeune femme s’exécute en le remerciant d’un hochement de tête.

Jack s’assoit en face d’elle. Pose ses mains à plat sur la table. Il plante à nouveau son regard sombre dans celui de Shauna, toujours aussi sûre d’elle.

J- Capitaine … prononce-t-il distinctement, Shauna O’Neill. Vous êtes dans l’armée ?

S- Vous savez ce que c’est, l’Irlande … tout le monde est plus ou moins … dans l’armée.

J- IRA ?

S- Oui.

J - Depuis longtemps ?

S- Je combats depuis l’âge de douze ans.

L’intensité de leurs regards trahit leur envie de tout savoir l’un de l’autre. Ils cherchent leurs mots.

S- Vous semblez être un personnage vraiment … important, pas vrai ?

Jack ne répond pas. Se contentant d’accompagner d’un soupir et d’un haussement de sourcils, le mouvement de mains dubitatives.

S- Le plus dur, ça n’a pas été de vous trouver. Mais de me renseigner et de vous surveiller sans me faire repérer… Ces gars-là vous apprécient beaucoup, on dirait …

Même si, question protection, ils ont plutôt des progrès à faire …

Jack sourit à l’ironie de la situation. Tout en songeant combien la providence est somme toute, la plus efficace de tous les gardes du corps.

J- Et … vous, vous êtes plutôt douée, à ce jeu-là. On dirait …

S- Merci.

Ils rompent le silence en même temps.

J- Pour …

S- Tu dois te demander pourquoi …

… je suis là. Achève-t-elle quand il lui donne la parole d’un geste délicat.

S- C’est un peu difficile à dire mais je manque de temps, alors je ne tournerai pas autour du pot. J'ai besoin de toi.

Intéressé Jack tend l’oreille et s’approche patiemment. Comme s’il avait deviné ce qu’elle allait dire.

S- C’est assez grave en fait, et urgent.

J- Je vous écoute.

S- Voilà, il me faudrait un tout petit peu de … de ta moelle. Juste de quoi rabibocher la mienne qui est un peu mal en point ces temps-ci. Sourit-elle.

J- Cancer ?

S- Leucémie. Confirme-t-elle, toujours le sourire aux lèvres.

Comprenez-moi bien. Je ne suis pas venue vous demander ça uniquement pour moi. Ni même pour mes enfants. Ils sont habitués. Ils m’ont toujours connue combattante. Ils savent qu’un jour je ne rentrerai pas …

Jack encaisse la perspective, mais tique à l’annonce de l’existence des enfants.

S- C’est plus sérieux que ça …

J- Plus sérieux ? ! réagit-il tout de même.

S- Jack, je ne peux pas mourir maintenant. Ce serait une catastrophe pour mon pays.

Comment dire cela avec humilité ? Disons que ma … position au sein du mouvement est cruciale pour l’équilibre qui règne actuellement. J’ai besoin d’un peu de temps … pour mettre en place les bonnes personnes … avant de disparaître. Sinon, le pays risque de replonger dans le chaos.

… la guerre n’est pas vraiment finie là-bas, tu sais.

Son plaidoyer ne semble même pas avoir été écouté jusqu’au bout. Jack en est resté aux enfants.

J- Alors j’ai des neveux ? sourit-il.

Elle soupire en riant.

J- C’était inutile de me dire tout ça tu sais, j’aurais dit oui de toute façon.

Shauna exhale un long soupir.

S- Je sais, dit-elle. Tu es un chic type, c’est évident. Et je suis désolée de venir te poser un problème pareil. Quand je vois tous ceux que tu affrontes tous les jours…

J- Oh ça … oui c’est vrai, je n’ai pas le temps de m’ennuyer.

Alors j’ai des neveux ?

S- Oui. Une jolie fille de quinze ans et un p’tit gars de douze ! dit-elle avec tendresse.

                                                                                  

                                                                        X

Dans la salle de briefing Daniel fait les cent pas devant l’écran géant en faisant tourner son stylo dans ses doigts. Sam est assise à la grande table et se lève à l’entrée du général. 

                                                                                                                                 

J- Quoi encore ? lance Jack en s’asseyant.

S- Shauna va bien ? demande Sam en reprenant sa place.

J- Elle se prépare… c’est assez chouette de la part de l’Air Force d’avoir prévu l’opération ici.

D- Il faut dire qu’on n’a pas trop le choix. Sa présence va nous être utile. Bonjour Jack.

Jack se tourne vers Daniel, l’air interrogateur.

D- Sam ne vous a rien dit ?                                

Jack se tourne alors vers le Colonel en levant les sourcils.

S- Il fallait bien leur laisser le temps de faire connaissance… sourit-elle.

J- Ah pour ça oui ! On a fait connaissance ! J’apprends dans le même temps que j’ai une sœur … et deux neveux … et qu’il ne lui reste que quelques semaines à vivre …

C’est déjà ça… à digérer. Vous allez me dire que ça n’est pas tout. Il y a autre chose ?

D- En effet Jack. Ce qui arrive à Shauna aujourd’hui n’est pas l’effet du hasard. J’ai fait quelques recherches là-dessus …  commence-t-il en attrapant un dossier ventru sur la table.

Jack recule dans son fauteuil en évaluant l’épaisseur du dossier. Il regarde Sam avec circonspection.

J- Dites moi Carter … je suis resté inconscient, pendant combien de temps ?

S- Environ quarante-huit heures mon général.

J- Ah oui, je comprends.

S- Vous avez bien failli mourir, encore une fois. Insiste-t-elle.

J- Ah oui ? ironise Jack.

Et Teal’c n’est pas là ? demande-t-il sur un ton faussement innocent.

S- Il traque Baal. Il faut absolument savoir ce qu’il trame. Il vous en veut vraiment à mort, vous savez.

J- La routine, quoi.

Se tournant vers Daniel,

J- Et vous pensez que c’est à ça que ma … sœur … peut nous être utile ?

Daniel réfléchit comme si cette éventualité ne l’avait pas encore effleuré.

D- A vrai dire, je n’y avais pas pensé, mais il est certain qu’elle pourrait nous aider … vu ses … capacités. Mais en réalité Jack, j’ai bien peur que vous ne soyez pris tous les deux dans quelque chose de plus complexe, un plus vaste dessein.

J- Un quoi ? !

D- Je crois que vous faîtes partie d’un plan de défense de la planète Jack.

J- Tous les deux ?

D- Oui. C’est fantastique ! Et ingénieux.

C’est formidable, s’emballe-t-il.

J- Oh, oh, oh, Daniel, du calme. De quoi est-ce que vous nous parlez au juste ? Vous voulez dire … que la présence de Shauna, en dehors du fait que cette fille est très douée pour l’infiltration, le renseignement, et que c’est de toute évidence un très bon soldat … que sa présence ici, n’est pas due à sa seule volonté de guérir ?

D- Exactement.

Il prend le temps de la réflexion. Par où va-t-il commencer ?

D- En fait Jack, et je suis désolé de vous dire ça comme ça, mais … c’est à cause de vous qu’elle est malade…

Jack a un mouvement de recul.

D- Enfin … elle devait tomber malade et venir vous retrouver. C’était écrit ça aussi. Que vous étiez la solution à son problème de survie … c’était juste un moyen de vous réunir d’une redoutable efficacité. Un peu cruel, il faut bien l’avouer …

J- Hé hé hé, l’interrompt le général,

Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Essayez d’être bref !

D- En fait Jack … en activant l’arme des anciens en Antarctique … vous avez fait bien plus que défendre la Terre ponctuellement. Je crois que vous avez déclenché une sorte de plan de défense à l’échelle planétaire … un plan prévu par les anciens … pour nous protéger d’une invasion d’une ampleur qui nous dépasse ….

J- Vous croyez ? … une invasion de qui ? Des Goa uld ? Des réplicateurs ?

D- J’ai peur que non, Jack. Il pourrait s’agir d’ennemis encore bien plus puissants … d’après les textes.

J- Eh bien … on a du pain sur la planche, on dirait.

                                   

 

                                                                               X

 

Il aura fallu moins de deux jours aux médecins pour conclure à la guérison miraculeuse de Shauna, qui n’étonna en rien l’équipe SG-1. Tout porte à croire que le gène des anciens, présent dans son ADN, a favorisé le processus.

Tandis que Teal’c et le Colonel Carter mettaient tout en œuvre pour débusquer Baal, Daniel s’appliqua à traduire les textes qu’il avait découverts à la faveur de ses recherches sur la Cité des Anciens. Ainsi que des éléments collectés en Antarctique.

Jack fut contraint au repos par le général Hammond, venu assurer l’intérim à la tête du SGC. Le temps pour l’équipe de résoudre le problème Baal et de comprendre les enjeux de la découverte de Daniel.

Le prélèvement en lui-même n’aurait présenté aucun danger sans l’agression subie par O’Neill et la plus grande prudence ayant été recommandée, les deux O’Neill furent confinés à l’infirmerie durant ces deux jours. Ce qui leur donna le temps de se rétablir en apprenant à se connaître.

Ce qui de l’avis de Jack était un peu "bizarre " amusait beaucoup Shauna.

                                                                              X

 

La réunion prend un tour encore plus irrationnel quand Shauna est présentée à Teal’c.

T- Enchanté de vous rencontrer O’Neill.

ne peut-il s’empêcher d’ironiser.

Shauna – Toute la fierté est pour moi Teal’c. J’ai beaucoup entendu parler de vous. Et vous avez tout mon respect.

T- J’ai moi aussi eu vent de vos exploits Capitaine. Je vous dois encore plus,

dit-il en jetant un coup d’œil furtif à son compagnon d’armes.

Jack sourit mais montre son impatience. Quatre jours d’infirmerie, c’est plus qu’il ne peut en supporter quand il se sent en bonne santé !

J- Bon, on y va ! dit-il en tendant son fauteuil à Hammond.

Il prend tout naturellement place à sa droite en invitant Shauna à s’asseoir en face de lui. Teal’c s’assoit à côté d’elle tandis que Sam rejoint le flanc de Jack. Daniel reste debout.

Prêt pour l’exposé.

H- Essayez d’être concis Docteur Jackson, si cela vous est possible.

suggère Hammond, approuvé silencieusement par l’assistance.

D – Je vais essayer mon général. Voilà. Nous savons tous maintenant que Shauna n’est pas venue ici par hasard. Et que Jack et elle, constituent une sorte de binôme essentiel à une sorte de mécanisme de défense planétaire …

J- Daniel …

D – Oui. Et bien j’ai affiné la question et je crois pouvoir affirmer qu’il s’agit en fait d’une arme très sophistiquée, dont l’activation n’est possible que grâce à l’action combinée de ces deux éléments. Comme des sortes … de clefs.

Il s’interrompt un instant pour apprécier l’effet sur son auditoire. Tous restent muets.

D- Bon. J’ai étudié plusieurs textes qui traitent de la question …

J- Daniel, le presse à nouveau Jack.

D – Tout laisse à penser que la base de l’Antarctique est … la clef de ce mécanisme.

… Dont la serrure se trouve aux antipodes …

L’équipe s’intéresse.

Daniel fait apparaître sur l’écran une carte du Nord de l’Europe et pointe son laser sur

l’ Ecosse.

D- Ici, au Nord, en Ecosse … sur le site de Brodgar.

                               

Shauna- C’est près de chez moi, relève Shauna en donnant un coup de coude à Teal’c.

Celui-ci sourit en levant un sourcil. Jack grimace un sourire complice tandis que Sam relance l’exposé.

Sam – Nous soupçonnions depuis longtemps que l’endroit avait un rapport avec les Anciens … mais où avez-vous trouvé la corrélation avec la base de l’Antarctique ?

Jack se tourne vers elle, laissant deviner que ça n’est pas la question qu’il attendait.

D- A vrai dire, c’est le lien de parenté entre Jack et Shauna qui m'a mis sur la voie. Je me suis dit "mais pourquoi faut-il qu’ils soient de la même famille ? " D’autres personnes sur Terre possèdent le gène des anciens, nous le savons maintenant …

J- Oui ça c’est vrai ! Pourquoi nous alors ? ! Est-ce que c’est vraiment si important ? La question ça n’est pas plutôt : c’est quoi cette arme et comment ça marche ? !

intervient Jack, excédé à l’idée que Daniel va encore "prendre des chemins de traverse "…

H- Au but Docteur.

renchérit Hammond en posant sa main sur l’avant-bras de Jack pour le calmer.

D- Et bien, ne vous en déplaise Jack, c’est important. Posséder le gène des anciens ne suffit pas à utiliser toutes les machines qu’ils ont créées ! Il y a des lois, des protocoles !

J- Oui, comme avec les Asgards.  Il égratigne Carter d'un coup d'oeil ironique.

D- Tout à fait. Et comme les Asgards, les Anciens sont plutôt pointilleux sur le sujet. Et leurs modes d’emploi étaient très compliqués. Ils devaient rester secrets.

Sam- Ils les protégeaient.

D- Evidemment.

Shauna- Ils sont codés ?

D- Pas exactement. Enfin, pas au sens où l’entendent généralement les militaires. Disons que les Anciens employaient une méthode plus ludique … comme les Asgards d’ailleurs … Ils les transmettaient à l’aide de légendes ou de Sagas … oralement la plupart du temps …

Sam – Mais vous avez retrouvé des textes ?

D- Oui, oui, rassurez-vous.

Jack (fatigué) – Et qu’est-ce qu’ils racontent ?

D- Et bien la plupart du temps, ils parlent de magie et d’êtres exceptionnels …

… comme Arthur, dans le cas qui nous occupe. Et la fée Morgane. Qui semblent bien avoir été eux aussi ce "genre d’instruments " …

J- Arthur ?

Shauna – Morgane ?

Un silence s’installe autour de la table, que tout le monde regarde avec un sentiment mitigé.

Le regard ironique qu’échangent les deux O’Neill ne trompe personne. Ils pensent tous les deux la même chose : "  Elle est même pas ronde … "

Hammond les ramène à la réalité.

H- Excusez-moi Docteur Jackson, mais je ne suis pas féru d’Histoire ancienne anglaise. Et si je crois bien comprendre que vous nous parlez du Roi Arthur, j’avoue ne pas connaître cette … Morgane. Vous êtes vraiment sûr que tout cela a bien un rapport …

D- Absolument mon général !

La légende prétend que Morgane était la demi-sœur d’Arthur. Elle contestait le pouvoir de Merlin, le mentor d’Arthur … parce que peut-être… elle aurait aimé contrôler les choses.

Elle était elle-même très douée pour la magie et ses pouvoirs avaient une influence sur ceux d’Arthur … qui de son côté conversait avec des êtres de lumières et semblait posséder lui aussi des aptitudes très singulières … ce qui tendrait à démontrer que si Merlin est bien un Ancien, Arthur et Morgane possédaient le fameux gène et que lorsqu’ils se "connectaient ", ils pouvaient être très puissants …

Morgane avait ainsi le don d’affaiblir Arthur ou bien de le renforcer …

Shauna – Elle était cool … lança Shauna à la régalade.

Tous les regards convergèrent vers son sourire qu’elle effaça en haussant les épaules.

D- Et bien en fait, non. Pas tant que ça … Elle a posé pas mal de problèmes à son entourage à l’époque.

J- Daniel !

Sam – Là n’est pas vraiment la question.

D- Exact. A chaque époque ses préoccupations … rien ne dit que Shauna, soit une double maléfique … de son demi-frère …

J- Mais … qu’est qui prouve que Shauna et moi serions … ce genre de … couple maudit ? De toute manière ?

D- Des preuves … c’est difficile à présenter pour le moment.

J’en suis encore aux conjectures, c’est vrai … mais avouez tout de même que vous êtes bien … exceptionnels tous les deux !

Tout le monde se tourne vers les deux O’Neill qui s’enfoncent dans leur siège en maugréant.

J- Ouais … mais il y en a certainement plein d’autres !

D- C’est bien possible ! Les anciens ont probablement prévu plusieurs de ces combinaisons. Pour les différentes époques et même peut-être en fonction des différentes menaces …

Le fait est … que vous avez activé l’arme, Jack.

adresse-t-il au général, décontenancé.

D- … et que vous, reprend-il en désignant Shauna, êtes venue le rejoindre, peu de temps après …

Shauna – Là, il faut dire …

Il est toujours comme ça ? demande-t-elle à Sam.

C’est Jack qui répond.

J- Oui ! Et même souvent bien plus pénible ! Mais où ça nous mène tout ça Daniel ? Est-ce que … Shauna, et … moi … sommes vraiment capables d’utiliser cette arme ?

Et comment ?

Tous sont suspendus à la réponse de Daniel.

D- Comment … ça, il va me falloir un peu de temps pour le déterminer avec précision. Je dois achever mes traductions.

H- Si j’ai bien compris Docteur Jackson, Shauna et Jack doivent se tenir simultanément en Ecosse et en Antarctique pour faire fonctionner cette arme, n’est-ce pas ? C’est tout ce dont vous êtes sûr ?

D- C’est ça mon général. L’arme … n’est peut-être qu’un bouclier … qui se déploiera autour du globe le moment venu ou bien …

J- ou bien quoi, Daniel ? !

Vous êtes en train de nous dire depuis un quart d’heure qu’une arme suprême est à notre portée et que vous êtes incapable de nous fournir le mode d’emploi ? !

Daniel prend un air piteux mais se reprend très vite.

D- Mais je vais y arriver Jack … je vais découvrir comment elle va nous protéger et … contre qui.

J- Ah oui, il y a ça aussi !

Si ça doit être pire que les Goa’uld il serait temps de s’en préoccuper !

Un silence pesant est sur le point de s’installer quand Teal’c annonce calmement :

T- Si tout ce que vous dites est vrai Daniel, la vie de nos amis est devenue encore plus précieuse... et je crains que Baal ne mette en péril nos chances de nous servir de cette arme.

D- Eh oui. Il y a ça aussi, répète Daniel d’une voix étouffée.

Il faut absolument que vous restiez tranquilles tous les deux, tant que nous ne sommes pas au point…

Shauna – C’est vrai que nos vies sont … un brin remuantes … dit-elle avec humour.

J- On ne va pas s’enterrer pendant des années ! Il vous faudra combien de temps ?

D- Je n’en ai aucune idée, Jack.

Shauna- Je suis désolée, mais j’ai des impératifs … je ne peux pas rester cachée … ici.

Si je suis venue chercher l’aide de Jack c’est justement pour être en mesure de continuer mes activités … Docteur.

objecte-t-elle, cette fois-ci avec le plus grand sérieux.

Et sans vouloir me montrer ingrate… elle avise son frère affectueusement,

ce "Baal", ça n’est pas à moi qu’il en veut …

Jack approuve cette remarque en balayant l’air d’une main désabusée.

H- Nous comprenons bien les enjeux, renchérit Hammond,

Et nous n’avons aucunement l’intention de provoquer de graves troubles sur la planète, en attendant une hypothétique attaque extérieure. Etes-vous sûr au moins que cette menace existe Docteur ?

D- Là aussi mes traductions sont incomplètes mon général. C’est assez flou. Mais croyez-moi, c’est déjà effrayant. Ils sont décrits comme vraiment … très dangereux.

Sam – Mais sont-ils … à notre porte ? Ou avons-nous du temps ?

Daniel soupire et avoue son ignorance d’une moue désespérée.

 

                                                                               X

Les investigations du Colonel Carter et de Teal’c les ont amenés à conclure que Baal a employé le même stratagème que Seth par le passé. Il a décidé d’élire domicile sur Terre. Espérant ainsi échapper au désordre créé dans la galaxie par la bataille de l’Antarctique.

Anubis défait, les autres Grands Maîtres vont reprendre le pouvoir et son alliance malheureuse le met dans une fâcheuse posture. Peu de Jaffas lui sont restés fidèles. Mais ils comptent parmi les meilleurs et les plus épris de vengeance. Leur haine des Tauri n’a d’égale que leur détermination à restaurer la puissance de leur maître, qui n’a jamais failli à leurs yeux. La plupart ont combattu Teal’c et ses armées, du temps d’Apophis et vouent une rancune tenace à O’Neill et ses hommes, rencontrés sur plusieurs champs de bataille.

                                                         

Baal a besoin de temps. Et d’un endroit sûr pour réorganiser ses forces. La Terre bénéficiera encore quelque temps de l’effet de surprise. La découverte de l’arme des anciens la met à l’abri de toute attaque Goa’uld, pour un temps indéterminé. Il s’y sent en sécurité.

Le seul problème, à son avis, est la présence sur cette planète du SGC. Avec à sa tête un adversaire devenu encore plus redoutable, du fait de son appartenance à la race des Anciens :

O’Neill. Il a bien l’intention de faire le nécessaire pour éliminer ce gêneur.

Jaffa- Sharma’alshek. Mare ! Seigneur. Salue le jaffa avec révérence.

B- Tu as les renseignements que je t’ai demandés ? répond froidement Baal sans se retourner.

J- Teal’c est sur nos traces, Seigneur.

B- Et tu as bien fait en sorte qu’il les suive, où nous voulons qu’elles le mènent, j’espère.

J- Tout sera fait selon tes désirs, Maître.

B- Le soldat. Tu as découvert qui il est ?

J- Pas encore Seigneur. Le plus grand secret entoure le SGC depuis son apparition.

B- Quelle traîtrise ont-ils encore imaginée ? ! hurle Baal en faisant face à son interlocuteur.

Je veux ce mercenaire ! O’Neill croit m’avoir berné avec ce garde du corps inattendu … mais il n’aura pas toujours de la chance. Ces humains ne sont bons qu’à être des esclaves ou à mourir ! Amenez –les moi ! Exterminez ses hommes et laissez-moi O’Neill …

Baal sourit en manipulant le porte-clefs dérobé à O’Neill lors de leur dernière confrontation. Les yeux noirs et globuleux de l’alien argenté semblent le fixer. Il laisse échapper un rire inquiétant.

B- Je décapiterai cette organisation. Et j’aurais enfin le champ libre pour m’installer…

Il brise l’objet. Le petit corps de métal tombe sur le sol qui résonne. Baal approche la tête de ses yeux et la fait tourner comme un pendule, en riant.

                                                                       

 

Sam – Je regrette mon général, tout cela me semble un peu trop facile.

Sam affiche une moue désabusée en brandissant la photographie du repère supposé de Baal. Elle et Teal'c avaient à son goût trop aisément retrouvé la trace du goa'uld, qui "se serait" installé non loin des pyramides de Teotihuacan au Mexique.

En retrait du célèbre site, un tumulus à couvert "aurait temporairement accueilli" le vaisseau de Baal, au cours des dernières semaines.

                                                         

Sam- Il " aurait " choisi cette base avancée, avant de s’emparer de celle de Cheyenne Mountain, qu’il veut récupérer pour le symbole … il aurait décidé de recruter des adeptes … sur Terre. Il s’inspirerait de la stratégie de Seth … Ca fait bien des suppositions mon Général …

J- Il veut nous attirer dans un piège, c’est évident … mais on le sait … alors ça n’est plus un piège. Sourit Jack en avalant une bouchée de tarte au citron.

Sam, Jack, Shauna et Teal’c sont attablés au mess devant un copieux petit-déjeuner.

Sh – Fin stratège, ironise Shauna. Et vous avez souvent joué à ça avec ces gars-là ?

J- Tout le temps … Ils sont d’une arrogance …

T- Cette fois, Baal nous réserve sans doute le pire accueil. Il est bien décidé à prendre la Tauri comme base, O’Neill. Et le SGC est un obstacle qu’il ne peut supporter.

Sh- Sans compter qu’il a l’air de passablement t’en vouloir, adresse Shauna à Jack en tiquant.

Le souvenir de leur rencontre fait courir un frisson le long de sa colonne vertébrale.

… Mais qu’est-ce que tu lui as fait ? !

T- Il a fait s’écrouler son empire … et décimé la plupart de ses semblables sur des dizaines de mondes … répond Teal’c avec un air serein.

Jack affiche sa modestie d’une moue pudique. Sam attend la réponse de Shauna avec intérêt.

Sh- Je vois. D’après ce que j’ai pu constater, il prendra un malin plaisir à s’occuper de toi.

J- On est de vieux amis.

Sh- Ca, ça va nous servir.

T- O’Neill a déjà servi d’appât. Baal aura compris la leçon.

Sh- Vous dites qu’il est arrogant.

Tous attendent la suite de son raisonnement.

Sh- Ce qui est évident, c’est qu’il ne tuera pas Jack tout de suite.

Jack et Teal’c approuvent du même haussement des sourcils.

Sam- Nous le savons. Nous avons déjà essayé d’exploiter ça. Vous avez vu le résultat.

Jack à Shauna – Où voulez-vous en venir ?

Sh- Si ce type te torture, c’est pour une raison bien simple. Il a peur de toi.

Les trois équipiers se regardent avec incrédulité.

Sam- Baal ? Avoir peur ?

T- Je ne suis pas sûr que vous ayez bien cerné le personnage.

Sh- Ah non ? Et vous ? Depuis le temps que vous le combattez …

Un silence gêné s’installe.

Sh- Difficile de trouver la faille, n’est –ce pas, quand on prend quelqu’un pour un dieu …

J- Hey ! Il a fait pas mal de chemin … sur ce terrain-là. Intervient Jack.

Sam – Vous avez une idée ?

Sh- S’il focalise sur Jack, c’est parce que c’est le seul ici, du moins à ce que j’ai cru comprendre … qui ne se laisse pas du tout embarquer dans ces histoires de Dieu …

Je veux dire … sincèrement. Profondément.

Les compères échangent à nouveau des regards dubitatifs.

Sh- Je sais que j’arrive comme un cheveu sur la soupe et que je n’ai pas "tout suivi " … mais il est évident que c’est vous … mon général, qui menez cette armée … sur la base du fait que vous avez toujours considéré vos ennemis en égal … et eux … c’était la première fois que ça leur arrivait, j’ai raison ?

J- Et ? acquiesce Jack.

Sh- Et … Baal est convaincu que si tu disparais, il apparaîtra à nouveau comme un dieu … parce que lui sous estime ses adversaires …

J- Admettons. Qu’est-ce que ça a à voir avec son envie de me couper en rondelles ?

Sh- Tout ! ça a tout à voir ! Tu es un symbole, le vecteur de sa rancœur et la marque de sa faiblesse. Quant il te tient à sa merci, il exorcise son échec …

J- C’est bien gentil tout ça, mais hormis la célébrité, qu’est ce que ça m’apporte ?

Sh- Un avantage tactique évident sur ce … Go- machin, là !

T- Etes-vous sûre de cela Capitaine ? Baal a appris beaucoup depuis ces dernières années. Et il est certainement le moins stupide de tous les grands maîtres.

Sh- Mais pas le moins arrogant. Vous l’avez dit.

Sam- Vous voulez le provoquer à nouveau ?

Sh- Je veux lui donner le sentiment qu’il ne vaincra jamais. Ni Jack, ni le reste de l’humanité.

Je veux lui donner l’intime conviction que ce petit coin d’Univers ne lui appartiendra jamais.

Que chaque être humain est un Jack O’Neill en puissance… qu’il n’y arrivera jamais !

J- On l’a pas déjà un peu fait ?

T- Je ne crois pas O’Neill. Baal est certainement convaincu qu’il peut encore écraser les Tauri … Il rêve de reprendre les choses là où Râ les a laissées …

Sam à Shauna - Vous savez comment procéder ?

Sh- Pour lui rendre cette planète aussi détestable que possible ?

J- Pour lui donner envie d’aller jouer ailleurs !

Sh- Ridiculisez-le !

J- Ca, on l’a déjà fait !

Sh- Recommencez ! Je veux dire … démystifiez-le auprès de ses derniers fidèles.

Et s’il vous échappe encore, soyez toujours prêts à lui opposer le même veto.

Sam- Vous préconisez d’organiser la résistance … à long terme ?

Sh- Croyez-moi c’est efficace… quand on veut sincèrement préserver son identité. Je sais de quoi je parle !

Et si j’ai compris Daniel, il va falloir nous préparer à affronter un ennemi encore plus coriace … ça demande de l’entraînement … et on n’est jamais assez bien prépar項

Il vous faut du temps pour mettre au point votre … super arme ? Baladez-le ! Faîtes le courir ! Lui et les autres ! … jusqu’à ce que vous soyez un jour les plus forts !

Shauna lâche un énorme soupir en reculant au fond de sa chaise.

Les trois autres la regardent songeurs …

Jack se mord les lèvres avant d’objecter :

J- On n’a pas besoin d’un plan … plus concret ?

Sh- Dans l’immédiat, il faut le virer de chez nous à grands coups de pieds aux fesses ! Mettons lui  une bonne raclée !

Jack approuve en frappant l’air du poing.

J- Ah, ça, ça me plaît !

                                                                           

                                                           

                                                                                   X

 

Les jours qui suivirent Teal’c et Shauna passèrent beaucoup de temps ensemble. Ils échangèrent informations et diverses techniques d’infiltration et de combat.

                           

Chacun suivit la préparation adéquate. Jack s’entraîna à résister à une éventuelle capture. Et Shauna et lui partagèrent leur science des commandos.

Sam s’assura de la logistique alors que Daniel planchait toujours sur l’arme "suprême ".

Le résultat sera à la hauteur de leurs efforts. Paradoxalement, cette veillée d’armes leur fut à tous très agréable.

Alors qu’il croise Teal’c et Shauna en grande conversation dans le couloir, Jack les apostrophe.

J- Hey, vous deux ! ça a l’air d’aller ! Vous nous avez enfin trouvé un plan d’attaque ?

T- Nous y travaillons O’Neill.

Le couple se dirige vers l’ascenseur.

J- Vous la ramenez avant onze heures, fiston. Sourit-il à l’adresse de Teal’c, qui lui rend son sourire avec révérence.

                                          

                                                                                X

 

La nuit est claire sur le Colorado. L’entrée de Cheyenne Mountain est éclairée juste ce qu’il faut. Shauna, assise sur l’un des silos de sortie, contemple les étoiles.

 Jack la rejoint par la route.

J- Il y a une porte d’entrée … vous savez. Désigne-t-il d’un geste imprécis.

S- J’aime l’exercice.

J- Ca, j’avais remarqué.

S- Vous êtes vraiment allés … tout là-haut ?

J- Ah mais … de toutes les étoiles visibles de la Terre, très peu ont une porte active dans leur système … enfin c’est ce qu’on m’a dit.

S- Woah … admire-t-elle,

Alors vous êtes allés … vraiment … beaucoup plus loin.

Jack soupire en songeant aux années qui viennent de s’écouler. Et réprime un frisson.

J- Vous avez eu votre communication, m’a- t-on dit … souffle-t-il avec sollicitude.

Shauna se tourne vers lui.

J- Tout va bien là bas ?

 S- Au poil ! sourit-elle.

Jack devine une situation périlleuse et son expression semble dire : On ne me la fait pas, à moi !

S- Mais ça va aller … soupire-t-elle. Il y a d’autres problèmes à régler avant.

J- Nous sommes prêts … à nous jeter dans la gueule du loup !

S- On l’aura !

J- J’en doute pas !

Les deux O’Neill ont décidément bien le même caractère. Difficile pour eux d’épancher leurs véritables sentiments.

Jack s’approche de Shauna avec délicatesse. Il a fait quelques progrès, question tendresse.

J- Ouais … ça va aller. dit-il en l’enlaçant pudiquement.

 

                                                                            X

                                                

                

La bataille se déroula donc en ce lieu choisi par Baal. Croyant abuser les Tauri, il avait fait passer à Teal’c des informations soit disant de première main : Baal se sentait parfaitement en sécurité dans sa tanière et ne pensait pas avoir été repéré par le SGC. Il était censé préparer son invasion de la Base de l’Air Force en toute tranquillité ... sans se méfier des humains qu’il méprise…

Baal – O’Neill ne pourra pas résister à la tentation d’essayer de me capturer une nouvelle fois … ce sera sa perte. Tout est prêt ?

Jaffa – Oui mon Maître. Le lieu est trop proche des régions habitées pour que les Tauri lancent une attaque massive. Tout porte à croire qu’ils viendront avec un commando bien entraîné, mais pas en nombre. Difficile de savoir avec exactitude leur plan, le SGC est bouclé. Nous n’avons pu infiltrer aucun espion.

Baal – Peu importe, je sais ce qu’ils ont en tête … je connais O’Neill … il se croit très fort … qu’il vienne, je saurais le recevoir …

Baal n’eut pas longtemps à attendre, quelques heures plus tard, à la nuit tombée, un commando SG se présentait à l’entrée du Tumulus. Sa progression fut si facile qu’un enfant de cinq ans aurait flairé le piège ! Mais Jack et Teal’c devaient jouer le jeu et tenter de donner le change au moins le temps que Carter puisse procéder aux corrections qui devraient leur permettre de contrer la toute nouvelle avancée technologique de Baal.

Shauna de son côté était chargée de couvrir l’équipe et si possible d’empêcher sa fuite.

Baal jubilait en observant sur sa console les mouvements de Jack flanqué de Teal’c et SG3. Ils furent rapidement encerclés, et engagèrent le combat avec conviction. Plusieurs jaffas furent tués, et l’équipe n’eut aucun mal à s’extraire de l’embuscade. Mais le général " commit une petite erreur " en distançant ses hommes. Isolé à peine quelques secondes, il fut capté par des anneaux de transfert et se retrouva face à Baal.       

Le poste de commandement du goa’uld était truffé de jaffas. Toute résistance était inutile.

La satisfaction de Baal se traduisit par un sourire sarcastique, bien connu d’O’Neill qui poussa un profond soupir. Il laissa sa tête tomber sur sa poitrine en écartant les bras. Trois jaffas s’emparèrent de ses armes tandis qu’il relevait vers Baal un visage soucieux. Il lui décocha néanmoins un sourire crispé.

Le combat à l’intérieur du tumulus s’intensifia. SG3 et Teal’c se dégagèrent à plusieurs reprises mais leur mission était d’occuper le terrain, et l’attention de la troupe. Quand Shauna les eut rejoints elle indiqua à Teal’c qu’elle avait le contrôle des anneaux.

S- Colonel ! hurla-t-elle dans la radio, vous en êtes où ? !

La radio grésilla et Sam répondit : - Encore quelques minutes, il a vraiment atteint un niveau de connaissance impressionnant !

Shauna – Jack ne tiendra pas !

Teal’c – Colonel Carter …

Sam – Oui Teal’c, je sais.

Dans le poste de commande, Baal avait déjà entreprit de torturer le général. Enchaîné à un poteau, débarrassé de son uniforme, son corps était déjà couvert de blessures visibles sous son tee shirt déchiré .

Baal- Enfin je peux vous faire ravaler votre orgueil Tauri ! lui souffle-t-il tout près du visage.

Vous vous plierez à notre volonté. Les Jaffas rebelles finiront par comprendre qui vous êtes ! Vous allez leur dire, à quel point vous les méprisez ! Faîtes leur donc savoir ce que vous pensez vraiment d’eux O’Neill ! Dîtes leur que vous n’avez fait que les utiliser ! Dîtes leur ! hurle-t-il en se tournant vers l’enregistreur …

Ball – Dîtes leur donc pourquoi vous avez recruté  Teal’c … et qu’il n’est qu’un objet à vos yeux … juste un moyen de nous atteindre.

Il se rapproche de Jack qui répond dans un douloureux souffle : J- Teal’c est mon ami … je respecte les jaffas … même ceux que j’ai combattus … ce sont des soldats… c’est juste … les types comme vous que je peux pas voir …

Il n’eut pas le temps d’en dire plus, il reçut une décharge si forte qu’une lueur orangée s’échappa de sa bouche et de ses yeux. Il les ferma en gémissant après avoir hurlé sa souffrance.

 

Les vociférations de Baal et le cri atroce de Jack s’étaient mêlés dans une angoissante harmonie. Shauna et Teal’c échangèrent un regard lourd de sens.

Shauna – Bon, on va faire ça à l’ancienne !

Tandis que des jaffas reprenaient d’assaut leur position, elle poussa Teal’c dans l’aire des anneaux et les activa.

Le piège qu’il avait imaginé se referma enfin sur Baal et sa troupe. Les terriens n’eurent à déplorer aucune perte tandis que Baal et ses guerriers étaient mis en déroute. Jack fut libéré des griffes de son bourreau. La couverture combinée de Teal’c et Shauna l’avait rendu très sûr de lui et il avait résisté bravement aux quelques "inconfortables " minutes que dura son "entrevue " avec le Goa’uld.

                              

J- Même pas mal ! souffle-t-il à l’oreille de Teal’c quand il vient le libérer de ses chaînes.

Shauna s’engouffre haletante dans le repère de Baal qui croise son regard avant de disparaître dans un halo de lumière. Elle n’a pas même eu le temps de le mettre en joue.

Elle avise Jack, mal en point dans les bras de leur ami.

S- 23 morts chez eux, mon général … lance-t-elle avec fierté.

… et … un seul blessé, chez nous.

Elle s’approche et attrape le bras de son frère.

Soutenu par ses deux compagnons d’armes, le général sort sous le regard satisfait du commando SG.

Un éclair embrase le décor. Sam apparaît devant le trio, armée d’un Zat.                                                                                                     

Sam- On l’a perdu, mon général. Il nous a encore échappé … souffle-t-elle déçue.

Sh- mais on l’a eu … quand même, rassure Shauna en lui caressant les cheveux.

… il sait maintenant … qu’il n’aura jamais le dernier mot.

Tous arborent une moue de résignation.

 

                                                                                X

           

Un vent fort fait fuir les nuages du ciel au dessus du tarmac luisant. Un Jet de l’Air Force est en attente.

Teal’c, Daniel et Sam sont venus souhaiter bon voyage à leur nouvelle amie.

Shauna se dirige vers Teal’c d’un pas solennel.

Sh- Cela a été un honneur de me battre à vos côtés Teal’c.

Teal’c salut cet honneur d’un geste de la tête.

Sh- Et si cet O’Neill-là … elle désigne du menton un Jack invisible,

… n’était pas déjà votre meilleur ami, je me serais bien mise sur les rangs. Sourit-elle en lui serrant la main chaleureusement.

T- Je vous confonds tous les deux dans la même affection, O’Neill. répond-il en posant sa main gauche sur son épaule. Leur poignée de main se transforme en étreinte. Elle recule avec émotion.

Sh- Docteur Jackson … Daniel. Elle serre sa main en arborant un large sourire.

Il y a plein de vieilles pierres en Irlande, vous savez … dit-elle.

D- Oh oui, je sais. J’y suis déjà allé … et je crois bien que je ne vais pas tarder à vous y retrouver … vous savez … mes recherches …

Ils se congratulent un instant et il ajoute avec le plus grand sérieux :

D- Préservez-vous … et je ne dis pas cela parce que nous risquons de faire appel à vos services …

Sh- Ne vous inquiétez pas …

Elle le quitte pour aller saluer Carter.

Sh- Il a de la chance d’avoir une femme comme vous à ses côtés.

Sam- Et bien maintenant, il a aussi une femme comme vous …

Prenez soin de lui.

Sh- Ne vous en faîtes pas.

Jack arrive derrière Shauna d’un pas pressé.

J- Alors on y va ?

Sh- Toujours décidé à me servir de chauffeur ?

J- On dirait que je n’ai pas le choix de toute manière ! Il paraît que je dois me "mettre au vert " … et qui peut me dire quel pays sur Terre est plus vert que l’Irlande ?

Tout le monde sourit à l’idée que les deux O’Neill seront à l’abri dans le fief de Shauna … sachant que l’Air Force garderait un œil sur eux.

Jack fait un signe de la tête pour montrer sa vive impatience et saluer l’assistance. Les adieux, c’est toujours pas son truc !

De plus, il avait quelques années à rattraper avec Shauna et il brûlait de connaître ses neveux.

Il était aussi assez curieux de rencontrer l’homme … qui avait été capable de fonder une famille avec sa sœur.

                           

                         

Tous les lieux et personnages utilisés dans cette fiction (à l'exception de Shauna O'Neill) sont propriété de la MGM et des auteurs de la Série Stargate SG-1.

découvrez d'autres belles histoires ... http://domb-fic-tales.blogs.allocine.fr/ 



Par domibleue - Publié dans : Stargate SG-1
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